quarta-feira, 5 de novembro de 2025

Münster

CD - Creative Sources Recordings - CS875, Lisbon 2025


















1. I - 14'23''
2. II - 07'31''
3. III - 02'32''
4. IV - 09'11''

Ernesto Rodrigues - Viola & Crackle Box
Erhard Hirt - Electric Guitar & Electronics
Guilherme Rodrigues - Cello & Objects


Recorded October 2025, Berlin
Cover design Carlos Santos


Reviews

My somewhat belated review of Mistika jpeg oscillations from last month does then suggest a comparison already with the new Münster (recorded in that city, also last month) from Ernesto Rodrigues & Guilherme Rodrigues, now joined by Erhard Hirt on electric guitar & electronics. Hirt continues to be known from a prior era, specifically with the quartet Xpact, the reboot of which (basically fire music, particularly from the sax...) hasn't actually struck me much. But his newer collaborations are bringing a sophisticated (tactile...) sense of electronics into different musical-textural orientations, as with Münster — which begins in plaintive mode, twittering through mysterious gossamer relations.... First here from Hirt though was Especially For You (reviewed September 2023), from Bead Records & originally conceived as an Xpact II session (but ending up more ephemeral...), then Trails (from Creative Sources, recorded April 2024), another quartet (also without horns, reviewed here July 2024) — and then, also earlier this year, Hirt released the trio albums Shifting Types of Amazement (from FMR, recorded June 2024, with Udo Schindler as one of two clarinets) & e.g. Extended Guitar Trio (recorded October 2024 with Hans Tammen & Nick Didkovsky, out on Handaxe...). Münster with the Rodrigueses is even more recent, and of course continues their own series of trios with distinguished musicians (e.g. guitarist Olaf Rupp & RRR, first noted here August 2018...), including seemingly taking up some concerns from the earlier quartet (also with electric guitar & electronics...): Mistika jpeg oscillations has much more bass, but both involve senses of both alien landscape & transportation, or perhaps even of alien transportation. (And senses of motion are also senses of musical momentum?) I'd already noted a "train tracks" vibe for the earlier album, but then a listening companion spontaneously described some middle sections on Münster as recalling sounds of "racing pods" from the first Star Wars prequel.... There's indeed also a naturalistic sense to Münster too, so typical of Ernesto Rodrigues, sometimes more mechanical here (e.g. hocketing or percussive, e.g. in a sort of third movement scherzo...), but coming to involve smoother sections as well (plus e.g. broad glissandi). Electronics can be quite active, but not necessarily loud, meaning they require attention to bring out other facets (not unlike the often quiet Carlos Santos from many Rodrigues releases...), and in general it's the richness of the sonic relations (over a relatively short length) that forges a detailed & distinctive musical tapestry. So I'm not sure how or where bizarre or even extraterrestrial ecosystems fit, but (after some ominous moments early...) Münster does end up seeming like a figuration of human redemption. Todd McComb's Jazz Thoughts

Vous allez me dire que je couvre souvent les Rodrigues et leurs très nombreux albums sur le label Creative Sources du père Ernesto Rodrigues (alto). Mais, dans le cas précis de Münster, nous avons affaire au troisième larron, le guitariste Erhard Hirt qui dans mon jeune temps avait joué avec Paul Lytton et Wolfgang Fuchs et pas longtemps ce qui est bien dommage. À mon avis Erhard Hirt est un guitariste électrique complètement « électroniquifié » comme trop peu (ou très peu) y parviennent de manière aussi dynamique, colorée, plastique et multiforme. Et sa démarche apporte une nouvelle dimension au travail des deux cordistes , Ernesto l’altiste et Guilherme le violoncelliste, deux artistes dont je n’arrive pas à me lasser tant ils diversifient leurs jeux avec et en fonction des nombreux artistes avec qui ils enregistrent et se produisent en concert. Et même, lorsque l’on a déjà entendu Erhard Hirt auparavant (le quartet XPact, ressuscité il y a quelques années ainsi que ses deux albums précédents pour Creative Sources, Trails avec Richard Scott, Willi Kellers et Klaus Kürvers, et Weiterbauen avec Dietrich Petzold et Kürvers à nouveau), il y a toujours du neuf au tournant. Fort heureusement, Erhard Hirt est devenu plus présent avec Lytton et Stefan Keune, même si son camarade Hans Schneider nous a quittés.
La musique du trio est multiforme, kaléïdoscopique, hyper détaillée, en constante mutation morphologique dans une interpénétration rhizomique pluridimensionnelle sans qu’on puisse la labelliser. Il y a là une complexité profondément réfléchie et intensément ludique qui culminent dans les interactions des deux derniers morceaux avec des chassés croisés sauvages ou pointillistes animés. La diversité des approches sonores, le goût bruitiste, la rage et la raison froide s'entremêlent naurellement. En tout point plus que remarquable. La finesse du travail « électronique » du guitariste n’a d’égal que le raffinement des deux cordistes et leur expérience de l’improvisation collective et du dosage précis de toutes leurs interventions imaginatives. Quatre improvisations numérotées en chiffres romains pour un total de plus de 33 minutes font voyager notre perception et notre imagination dans de resplendissants paysages sonores. Une excellente réussite. Jean-Michel Van Schouwburg (Orynx)

Recorded live at BLACK BOX in Münster, the trio of Ernesto Rodrigues (viola, crackle box), Erhard Hirt (electric guitar, electronics), and Guilherme Rodrigues (cello, objects) unfolds a focused, textural improvisation where tactile electronics, bowed strings, and percussive gestures move from fragile passages toward denser mechanical motion, shaping a richly detailed sonic environment with subtly shifting momentum. (Squidco)

segunda-feira, 29 de setembro de 2025

Nickelsdorf

CD – Creative Sources Recordings – CS 873, Lisbon 2025




1. Peace, Hope & Harmony - 65'51''




Ernesto Rodrigues - Viola, Crackle Box
Guilherme Rodrigues - Cello
Nuno Torres - Alto Saxophone
Alexander von Schlippenbach - Piano
Willi Kellers - Drums, Percussion


Recorded July 2025, Nickelsdorf
Cover design Carlos Santos


https://ernestorodrigues.bandcamp.com/album/nickelsdorf

Reviews

Deuxième album de ce quintet « schlippenbachien » improbable après Conundrum publié par le même label Creative Sources d’Ernesto Rodrigues. Qui aurait pu penser au début des années 2000 qu’Alex von S. allait un jour jouer avec les deux Rodrigues père et fils, respectivement Ernesto à l’alto et Guilherme au violoncelle, tellement leur musique était radicale, « réductionniste » faite de drones, de frottements abstraits, de grincements bruitistes frôlant le silence ? Alex est un des pianistes à qui colle l’étiquette de parangon du free-jazz intense, explosif et quasiment entièrement improvisé (avec Evan Parker et Paul Lovens) et le batteur Willy Kellers a un sérieux passé avec Peter Brötzmann, Keith Tippett ou Thomas Borgmann. Il se fait que cette nouvelle musique improvisée des Burkhard Beins, Rhodri Davies, Axel Dörner, etc… semblait être née en réaction à la toute puissante énergie du free-jazz et de la complexité pointilliste et ultra détaillée de l’improvisation libre des trois décennies précédentes (Evan Parker, Derek Bailey, Paul Rutherford etc…). Mais bon peu d’années plus tard, on vit Axel Dörner jouer avec Rudi Mahall (Die Entaüschung) et Alex von Schlippenbach se joint à eux dans Monk’s Casino, leur quintet « de jazz » jouant le répertoire complet de la musique de Thelonious Monk. Donc, les étiquettes et les catégories, il vaut mieux s’en passer. J’avais chroniqué Conundrum très favorablement, notant l’interaction fine entre les cinq musiciens, interaction d’un autre type. Il s’agissait d’un enregistrement de studio et ce Nickelsdorf a été enregistré lors du festival du même nom le 26 Juillet 2025. Comme ce festival accueille assez bien d’ afficionados de free-music et des groupes, disons, plus proches de la free-music telle qu’on la connaît depuis quelques décennies, il semblerait que le batteur Willi Kellers, excellent, suggérait le swing volatile et les pulsations avec une certaine énergie, mais aussi une approche restreinte selon les phases de jeu. Il faut l’entendre tic-toquer sur les surfaces des peaux et cymbales en modifiant la dynamique, la vélocité et les cadences des frappes millimétrées. Sur une scène face à un public et immergée dans une acoustique particulière, une telle instrumentation saxophone alto, alto, violoncelle, piano et percussions peut créer des soucis d’écoute mutuelle, de balance et de différences au niveau volume sonore, batterie vs violon par exemple. Il faut ajouter au crédit d’Alex von Schlippenbach qu’il joue en laissant de l’espace pour ses collègues. Et fort heureusement, car les deux Rodrigues ne se contentent pas de tracer des lignes expressives tendues à la limite de l’expressionnisme comme, par exemple, le violoniste Michael Samson qui avait joué avec Albert Ayler lors de sa tournée européenne de 1966 et les légendaires concerts au Village publiés par Impulse. Le jeu des Rodrigues tend à faire vibrer les cordes dans un agrégat sonore boisé, irisé au travers duquel on a la sensation d’entendre les fibres du bois de la caisse de résonance frémir les harmoniques et ressentir les partiels du timbre se différencier subtilement à la limite du sotto-voce. Il faut vraiment oser. De ce point de vue, Ernesto et Guilherme se complètent comme on ne l’entend jamais ailleurs. Mais, il y a un as dans ce brelan : le saxophoniste alto Nuno Torres, le soufflant le plus proche esthétiquement du tandem Rodrigues. Pas question pour lui de faire vibrer son anche comme un killer post Ornette – Dolphy tranchant et free-jazz à souhait. Il développe une sonorité lunaire, ombrée et presqu’assourdie, introvertie qui cadre à merveille avec les deux cordistes, tout en traçant des spirales inégales, fracturées et méandreuses. Référez – vous à leur double CD Whispers in the Moonlight – In Seven Movements (Creative Sources CS849CD) : c’est un album tellement inspiré qu’on s’arrête d’écouter autre chose dans le catalogue exponentiel de Creative Sources. Ce quintet Live à Nickelsdorf est aussi un hommage à l’ouverture d’esprit d’Hans Falb, l’organisateur de ce festival de Nickelsdorf, qui vient de nous quitter inepinément. Hans était doté d’une extraordinaire ouverture d’esprit à la hauteur de l’utopie de ce quintet « Schippenbachien » qui défie tous les pronostics. Jean - Michel Van Schouwburg (Orynx)

Nickelsdorf is the second album of the free improvising quintet of Portuguese violist Ernesto Rodrigues (the head of Creative Sources label), his son and close collaborator, Berlin-based cellist Guilherme Rodrigues, and their long-time comrade, alto sax player Nuno Torres, with legendary German pianist Alexander von Schlippenbach, and drummer-percussionist Willi Kellers, following the studio recording Conundrum (Creative Sources, 2023). The album was recorded in its first-ever live performance at the 45th edition of the Konfrontationen festival in Nickelsdorf in July 2025. The quintet thanks the Konfrontationen festival founder and artistic director, Hans Falb, who passed away five months after the performance. 
The quintet opened the second night of the festival and played a 56-minute piece, titled “Peace, Hope & Harmony”, clearly shifting towards the intense, stormy energy of free jazz ensembles of von Schlippenbach (of the trio with Evan Parker and Barry Guy, and Globe Unity Orchestra fame), and Kellers (who, like von Schlippenbach, has worked with Peter Brötzmann). Von Schlippenbach’s commanding playing of, 87 years old at the performance, set the course of this masterful, powerful performance, brilliantly articulating poetic ideas and balancing them with boundless energy, and transforming this extended improvisation into a cohesive, instant composition; Kellers’ free drumming pushed the music forward and colored it with imaginative touches; Torres’ sharp blows and cries were organically incorporated into this energetic interplay; Ernesto Rodrigues, who alternated on crackle box)  and Guilherme Rodrigues enriched the quintet dynamics with dense string textures featuriung their extended bowing techniques, often sounding as inseparable entity. The short encore suggested a sparse version, fitting the minimalist, introspective string resonances of Ernesto Rodrigues and Guilherme Rodrigues. Eyal Hareuveni (Salt Peanuts)

Recorded live at the 2025 Konfrontationen #45 in Nickelsdorf, this quintet of viola, cello, alto saxophone, piano, and percussion unites frequent Creative Sources players Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, and Nuno Torres with legendary free jazz pianist Alexander von Schlippenbach and drummer Willi Kellers, in a dynamic convergence of textural string abstraction and energetic free jazz interplay. Squidco

sexta-feira, 11 de julho de 2025

Pulses and Paradox

CD – Creative Sources Recordings – CS868, Lisbon 2025

















1. Pulses - 25'47''
2. Paradox - 24'58''



Rotor

Ernesto Rodrigues - Viola & Crackle Box
Nuno Torres - Alto Saxophone
Carlos Santos - Live Processing




Recorded October & December 2023, Lisbon
Reviews

Recorded live at Sistema Smop in Lisbon across two performances in late 2023, the trio of Ernesto Rodrigues (viola, crackle box), Nuno Torres (alto saxophone), and Carlos Santos (digital electronics) are captured sustained improvisations where acoustic timbre and electronic gesture converge in an expansive dialogue that alternates between subtle textural pulses and unpredictable sonic paradoxes. (Squidco)

quarta-feira, 9 de julho de 2025

Past Dreams in Rust

CD - Creative Sources Recordings - CS870, Lisbon 2025



















1. I - 11'26''
2. II - 19'31''
3. III - 08'05''
4. IV - 19'28''
5. V - 09'32''


Ernesto Rodrigues - Viola
Caludia Risch - Flute, Bass Clarinet
Grgur Savic - Alto Saxophone, Percussion
Guilherme Rodrigues - Cello


Recorded October 2022, Berlin
Cover design Carlos Santos


Reviews

Recorded in Berlin in 2022, this quartet of violin, flute/bass clarinet, alto saxophone, percussion, and cello unfolds a restrained improvisation focused on fragile textures, breath-driven tones, and microtonal tension, as shifting timbres and sparse gestures accumulate into a patient, weathered soundscape shaped by decay, resonance, and collective listening. (Squidco)

domingo, 22 de junho de 2025

5 in the Afternoon

CD - Creative Sources Recordings – CS867, Lisbon 2025


















Disc I

1. I - 27'21''
2. II - 17'21''

Disc II

1. III - 13'19''
2. IV - 13'21''
3. V - 18'22''
4. VI - 07'34''





Ernesto Rodrigues - Viola 
Jung-Jae Kim - Tenor Saxophone
Guilherme Rodrigues - Cello
Eric Bauer - Electronics
Stephen Flinn - Percussion



Recorded March 2024, Berlin
Cover design Carlos Santos



Reviews

Recorded live in Berlin by Bryan Eubanks, Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, Jung-Jae Kim, Eric Bauer, and Stephen Flinn shape six long-form improvisations from bowed grain, air tones, faint circuitry, and brushed resonance, letting micro-events and room sound accumulate into a patient, quietly luminous architecture of texture and space. (Squidco)